Présentation

Créer un Blog

Recherche

Texte Libre

compteur pour blog
+1406 visiteurs du 22/02/08 au 1/11/08

Calendrier

Janvier 2010
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>

Une histoire au jour le jour...(7)

Qu'est-ce qui m'étais passé par la tête, jamais je ne m'étais battu. Il fallait que je cache mes vêtements, mes blessures. Je n'avais pas envie de décevoir une "seconde" fois mes amphitryons. Ils ne le méritaient pas et avaient d'autres soucis en tête, et plus importants, c'est certain. J'étais un lâche, je m'étais battu en profitant du fait qu'il était seul. Mais putain qu'est-ce que ça faisait du bien… j'étais un monstre de penser cela.

 

Une heure après, environ, Michel arriva, il me salua, visiblement il n'avait rien remarqué. J'avais vraisemblablement  réussi à camoufler les hématomes. Il me regarda pourtant d'une étrange manière, qui me dérangeant incompréhensiblement. "Quoi?" lui demandais-je si abruptement que ma voix fut mal assurée et me rappela par la même, à là période où j'ai mué.

-            Non rien, mais il me semblait, que tu avais changé, où alors c'est simplement mon regard sur toi qui évolué.

-            Je ne suis pas gay !!

-            Mais c'est pas vrai ça… putain les hétéros j'vous jure. Les homos ne sautent pas sur tous les mecs sur tous les mecs qu'ils croisent. Je ne te parlais pas de ça. Je voulais juste signifier que ça me faisait du bien que quelqu'un ici le sache…

-            Désolé d'avoir réagi ainsi, j'ai l'impression d'être tout le temps sur nerfs… Mais l'habitude sans doute.

-            Quelle ha…?

-            Pas de question, s'il te plaît. Il est vrai que je n'ai pas de copine que voila…

-            Je suis d'accord avec toi. Sovan à vaguement abordé le sujet du bus. Si tu le souhaites, il pourra peut-être faire quelque chose.

-            Non, non c'est bon. Si quelque chose doit être fait, je le ferai si je dois.

-            Comme tu veux mais ne vas faire quelque chose de déraisonné.

-            Rassures toi, ce n'est pas mon genre.

Il me serra dans ses bras quelque seconde, comme deux frères le ferai, juste le temps pour que Sovan qui venait d'entrer de nous surprendre. "A free hug" lui lançai-je.

-            Je suis content… Je suis content de voir qu'apparemment entre vous ça va, répondit Sovan.

-            Oui c'est vrai, on a appris à se comprendre.

-            Allez, pour fêter ça on va manger dehors.

Ce soir là, le repas, ou plutôt notre diner à la pizzeria ne s'éternisa pas. En effet, comme les collègues de Sovan étaient occupés par d'autres affaires, ses chefs l'appelèrent pour s'occuper d'un nouveau cas. Quelques minutes plus tard c'était le beeper de Michel qui se mit à sonner. Il devait lui aussi y aller. Je commençais à avoir peur. Denis, son prénom envahit ma tête. J'avais chaud, des gouttes de sueurs roulaient sur mon visage, mon cœur restait froid.

-            Dorian, ça ne vas pas, tu es rouge?

-            Euh si, mais j'ai chaud, horriblement chaud. Sans doute la sauce piquante, j'en ai peut être abusé…

-            Je te ramène à l'appartement avant d'y aller si tu veux ?

-            Non c'est bon, l'air du soir me fera sans doute du bien, lui dis-je en souriant.

-            Comme tu veux. (Il s'était rapproché de la sortie) Désolé pour la soirée, mais ces les inconvénients de ces métiers.

 

Je rentrai seul à l'appartement, j'avais toujours aussi chaud, l'œil froid de la nuit ne m'avait pas rafraichi. Cette peur qui donne cette extrême chaleur et cette endurante froidure, m'était totalement inconnue.

Je crois être resté prostré dans le canapé jusqu'à ce qu'ils rentrent vers environ trois heures du matin. Ils avaient été surpris de me voir là, à les attendre. Mais je n'ai rien appris sur le pourquoi ils avaient été appelés. Cette nouvelle donnée ne manqua pas de revigorer ma frayeur.

Je me suis allongé sans parvenir à trouver le sommeil, malgré la fatigue que je ressentais. J'ai donc décidé de lire un roman de mon auteure adorée. Cette fois-ci ce fut une autobiographie. Je me suis sentit comme les japonais devaient s'adresser à l'Empereur avec stupeur et tremblement. Les gaffes répétaient de la jeune femme et l'hyper susceptibilité des japonais, me faisaient rire et mal à la fois. Comme d'habitude je me posais sans cesse cette question : comment a t'elle fait pour pouvoir tenir ? Cette lecture tombait à pique, elle me faisait relativiser sur mon présent et culpabiliser en même temps, j'avais vraiment craqué.

 

Le lendemain matin, le réveil ne sonna pas, je n'avais pu trouver les bras de Morphée cette nuit.

Au moment où je suis parti au lycée, mes logeurs dormaient encore. Je devrai attendre le soir pour savoir.

 

Dans le bus, fait exceptionnel, enfin assez pour que je le note ici, l'on m'oublia. Denis absent, moi je devais l'être également. Je les écoutais parler, ils s'imaginaient des choses complètement débiles. Comme d'habitude, à leur niveau quoi. Si seulement ils savaient, me craindraient-ils ? Ou bien se vengeraient-ils, ensemble, chacun leur tour ?

Tous ces scenarii tournaient dans ma tête, à eux s'ajouter la peur du qu'en diront les Mendez. En tout cas cela me passa le trajet.

 

A midi j'ai retrouvé Prysc qui m'en voulait de ne pas l'avoir appelé comme promis. Cette conversation frôla ma mémoire, j'avais oublié, je le regrettais. Pour essayer de m'amender, je lui expliquai la soirée, mon "frittage" avec Denis, usant d'euphémismes et plaidant le fait que je m'en voulais. Elle se montrait assez peu réceptive à ma plaidoirie, je commençai à la perdre.

 

Le soir, les Mendez étaient là, lisant l'inquiétude sur mon visage, ils m'en demandèrent le pourquoi. Mon explication donnée, ils me révélèrent leur départ précipité de la veille. Sovan avait été appelé pour enquêter sur cinq jeunes gens louchent qui trainaient du côté de puits des Glénons. S'en était suivi l'apparition d'un geyser noir tel un puits de pétrole. La circonstance était étrange. Quant à Michel, il avait été appelé pour une opération suite à un grave accident de voiture.

 

Tout cela n'avait été que deux étranges coïncidences. Le Temps, le Destin s'étaient joués de moi. J'ai soufflé, j'étais rassuré. Mais cela ne m'empêchait pas de me sentir mal, mais moins qu'avant.

-            Sovan, Michel, vous vous êtes sans doute demandé pourquoi je vous ai attendu toute la nuit, ce matin ?  La raison en est simple, le remord. Hier, j'en ai eu marre de toutes ces prises à partie dans le bus et j'ai craqué. Je me suis battu avec l'un deux…

-            Pourquoi ? Pourquoi ne l'as-tu pas dit plutôt ?

-            La honte de ce que j'avais fait sans doute. Pourquoi je l'ai frappé ?  Je ne sais pas je ressens que de la colère depuis quelque temps, en fait je crois depuis le Transfert…  Mais cette colère, ne me dérange pas, bien au contraire, elle panse mes blessures internes, et ça me fait du bien. Est-ce que Torvin est colérique ?

-            Non, il ne l'est pas, ou alors il a changé. Mais comme on te l'a dit, il y a plus de chance qu'il ne se soit rien passé. Mais ce que tu as fait n'est pas bien, c'est doute pour cela que tu honte de ton geste.

-            Par contre, tu as essayé d'agir, peut-être pas de la meilleure manière, mais bon. Alors est-ce que ça changé quelque chose ?

-            Pas vraiment, enfin si. Comme Denis n'était pas là, ils ne m'ont pas 'agressé'. Sinon pas grand-chose.

-            Cependant, comme tu le sais Dorian, nous ne devons pas nous faire remarquer, alors essaye de ne plus te battre. Mais il y a une chose que je ne comprends pas, pourquoi tu t'inquiétais de ce que nous dirions ? Ce gars tu l'as gravement blessé ?

-            Euhm, je pense que je lui ai cassé le nez, mais c'est peut-être tout.

-            Tu sais les bagarres à votre âge, c'est courant, mais bon…

-            Mais il était absent aujourd'hui…

-            Il avait peut-être honte lui aussi de s'être fait battre. D'après ce que tu m'avais dit c'était un gros dur, donc se faire tabasser…

-            Tu as peut-être raison Sovan.

-            Par contre, ne te complait pas dans la colère, ce n'est pas le meilleur des sentiments pour se fondre dans le paysage…

 

J'ai acquiesçais et j'ai quitté la pièce, ma culpabilité s'était envolée, mon état d'esprit changeait peu à peu. Toute cette histoire m'avait donné des idées pour écrire.

 

J'étais satisfait, satisfait d'avoir perturbé l'équilibre des 'gros durs' au lycée, cette expression utilisée par Michel me faisait rire. Il n'y avait plus à faire ce qu'il fallait pour que ça perdure, voire prendre la place de Denis. Se pourrait être aisé… les idées commençaient déjà à se forger dans mon esprit.

 

Par contre Dorian, ce n'était pas top comme prénom, ça ne fait pas forcément meneur, je préférais désormais le pseudo de Kasz… C'était bref, concis et ça ne devrait pas éveiller les soupçons…

 

Je me suis regardé dans le miroir, pour voir l'état de mes contusions. Elles s'étaient un peu atténuées. La lumière renvoyée par la lune, me donnait un aspect blafard, on aurait dit un zombie, j'en souris et cela me rendit presque mal veillant.

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés