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Une histoire au jour le jour...(5)

Un de leur assaillant était à terre, sans vie. Mais le capitaine, son ami était également au sol, et quelqu’un appuyait avec son pied, sur l’épaule blessée d’Aransta, ce qui lui causait d’horribles douleurs. Torvin essayait tant bien que mal de tenter d’apercevoir un visage, mais rien, l’on aurait dit qu’ils se cachaient de la lumière.

Le capitaine se débattait en hurlant qu’il ne leur dirait jamais où se trouvait le Prince. A cette affirmation un des assaillant celui qui semblait être le meneur lui tira une décharge de son arme dans la cuisse gauche. Le pauvre Warzhin hurla de douleur.

Le Prince sentit ses yeux s’embuer par des larmes, il passa son bras pur les essuyer et renifla plus fort qu’il n’aurait voulu.

-            Qu’est-ce que… ? S’interrogea le chef

Puis un sourire narquois étira ses lèvres. Torvin recula précipitamment et fit tomber une chaise qui se trouvait là. Il s’en moqua et se mit à détaler à toute vitesse, rebroussant chemin, il se savait repéré.

Le mur et la vitre volèrent en éclat sous les tirs puissants des armes de ses poursuivants.

 

Il essayait de les semer faisant tomber des objets encombrants sans trop se ralentir. Mais malheureusement ses embuches ne semblaient pas faire leur office, et il semblait les sentir se rapprocher, gagner du terrain. Son cœur tapait encore plus fort dans sa poitrine, son cerveau lui envoyait des doses d’adrénaline de plus en plus forte, lui donnant quasiment des ailes, mais la rage de ses antagonistes devait faire de même.

 

Il savait que le faisceau allait bientôt s’ouvrir, et à cet instant précis il voulait vraiment partir, survivre. Il connaissait le chemin par cœur, il pourrait y être en moins de cinq minutes, mais il voulait que ses ennemis perde sa trace. Il avait à force de faire tourner dans sa tête la phrase prononcée par le bourreau d’Aransta, il avait finit par reconnaître cette voix, celle du Prince Kaszénomélos. Il devait tout faire pour ne pas que ce dernier puisse découvrir la machine de transfert.

 

*

 

Il entra enfin dans la pièce où se trouvait le point du faisceau, après maints et maints détours.  Il referma la porte derrière lui, et s’appuya contre celle-ci, tentant de reprendre son souffle.

Il dirigea son regard en direction des étoiles, certaines se faisaient de plus en plus brillantes, l’heure approchait et avec elle, sa survie.

 

Il lui restait deux ou trois manipulations à effectuer avant de partir. Il modifia l’angle d’inclinaison de la lentille de transfert, brancha différents câbles. Ensuite, il s’installa dans la machine. Debout face à la lentille, il tapotait du pied, impatient de s’en sortir.

Soudain alors que le compte à rebours arrivait presqu’à son terme, la porte s’ouvrit, sautant de ses gonds.

Un voile de fumée dissimulait un homme. Torvin, sortit de la machine, le Prince Kaszénomélos s’approcha de lui, le menaçant d’une arme que le jeune Prince n’avait jamais vu.

-            Ton heure est venue Torvin.

-            Oui peut-être, mais loin de toi.

-            Ah oui, le royaume des morts est très éloigné de celui des vivants.

-            Surement, mais je ne compte pas le visiter immédiatement.

-            Tu ne t’en tireras pas. Mais, mais qu’est-ce que ceci ? Pourquoi être venu te réfugier ici ?

-            Pour rien, je pensais que c’était le meilleur endroit, pour ma survie.

-            Un Prince peureux, qui ne fait pas face à son destin. Je me demande pourquoi ton peuple te suit.

 

A cet instant la lumière pénétrant la pièce par la fenêtre se fit de plus en plus croissante. Torvin regarda le ciel et découvrit un fil de lumière descendre d’une étoile, les autres ne faisaient que refléter.

Le Prince Kaszénomélos suivit le regard du Prince. Ce dernier en profita pour se jeter dans la machine et reprendre sa place.

La lumière atteignit la pique extérieure de l’étrange machine. Kaszénomélos, s’aperçut que le Prince s’était caché dans cette chose. Le rayon lumineux conduit par des tubes de cuivre où étaient placés de manières scientifiques des miroirs, percuta la lentille et descendit sur Torvin.

Kaszénomélos lâcha son arme et plongea sur le Prince. La lumière touchait déjà Torvin.

Chapitre 4 : Sous la lune, changent les visages

 

 

 

Des sons parvenaient à mes oreilles. J’entendais des bruits de pas, ceux des frères Mendez, des verres que l’on reposait. Je les entendais mes mon cerveau avait perdu cette capacité à les analyser, capacité pourtant innée. Cela me troublait.

Mon touché était un sens mort. Je savais par mémoire, que j’étais allongé sur le sol, lorsque minuit avait sonné, quelque chose en moi s’était rompu. J’avais perdu connaissance. Je savais que j’étais sur le sol, et pour tant ma peau ne me donnait d’indication sur la matière du sol. Je savais que j’étais sur un tapis, mais mon épiderme ne me disait rien, comme si je flottais.

Mon odorat était un sens que je pouvais considérer comme mort. Enfin c’est ce que je cru au départ, puis quelque chose s’éveilla. Une odeur s’insinua vit tremble mes vibrisses, tremblèrent. Cette odeur je la connaissais, odeur âcre, métallique, du sang. Je devais saigner.

Mon goût fonctionnait également, du métal sur la langue, ou plutôt un semblant de métal. Du sang. Je devais en perdre d’une dent. Je n’en savais rien, et puis de toute façon mon cerveau ne fonctionnait quasiment plus. Je m’en fichais, je mourais.

Mes yeux s’entrouvrirent, je ne pouvais pas bouger mes pupilles, j’étais comme paralysé. Elles étaient rivées vers la fenêtre. Je pouvais observer la Lune. Froide chaleur dans la nuit. L’œil blafard du non-jour avait une luminosité étrange que je ne me rappelais n’avoir jamais vu. En fait, un rayon comme celui du soleil, semblait descendre sur Terre, en vérité, il me semblait qu’il venait vers nous, vers moi. Je sentis que Sovan et Michel l’observait également.

 

Le rayon me frappa, ressentant une extrême froidure, mon corps se contracta. De ce fait ma tête dévia et mon regard tomba à la fois sur une glace et sur les deux frères.

Le miroir me renvoya mon image et c’est notamment mes yeux qui me choquèrent, ils s’étaient couverts d’une espèce de voile blanc. Comme une cataracte, mais je parvenais à me voir nettement. Je notai également que transparaissait dans le regard des frères Mendez, la peur et l’interrogation. Qu’est-ce qui se passait, un truc clochait, mais quoi ? Moi ? N’étais-je pas un bon choix au final ?

 

Je ne repris conscience que le lendemain, alors que la matinée était déjà bien entamée. Je captai alors une conversation entre Sovan et Michel. Ils venaient sans doute de se réveiller, car Michel lui demanda s’il avait bien dormi.

-            Non, pas comme je l’aurai voulu en tout cas.

-            Ne me dis pas que tu as passé toute la nuit à réfléchir sur ce qui s’était produit !

-            Bien évidemment que si. Je ne comprends pas pourquoi le faisceau a changé de couleur, viré du blanc au rouge.

-            Peut-être un souci au niveau de l’émission ?

-            Tu sous entends que mon fils n’a pas fait les bons réglages ?

-            Non…

-            Alors qu’il serait mort ?

-            En aucun cas Majesté. Je ne doute pas que le Prince Torvin ait bien câblé la machine, mais que c’est la machine elle-même qui a eu un problème, sans que personne n’y soit plus rien ou ne s’en rende compte. Cependant le faisceau s’est ouvert, il y a donc eu transfert, c’est certain.

-            Cessons d’en parler, cela vaut mieux.

-            So…van…, les mots sortaient avec difficulté de ma gorge.

Ce que je sais, c’est que les deux frères en entendant ma voix se sont précipités vers moi. Ils avaient le regard d’inquiétude. Et a mon grand regret j’allais leur confirmé leur déception.

 

-            So…van, ma voix était rugueuse, chaque mot me faisait mal.

Sans que je ne demande rien, Michel partit en vitesse et revint presque aussitôt avec un grand verre d’eau qu’il me tendit. Je le bus d’un trait.

-            Merci… Michel, ma faculté de parler se faisait plus facile.

-            Dorian ? Est-ce que ça va ?

-            Oui je crois. Mais la réponse à ta première question te déçoit, tu attendais ton fils. Je suis désolé. Que c’est-il passé, pourquoi est-ce toujours moi ?

-            Nous n’en savons rien.  Pourtant le passage s’est ouvert.

 

Je ne sais pas pourquoi mais le passage, sans lequel le film La Mouche n’aurait existé, revint frôler ma mémoire, et avec lui une peur que j’avais cru faire taire en dépassant l’enfance. Je revis la mouche entrer dans le téléporteur et avec elle tout ce que cela entraîna. Là, je m’imaginai un monstre à 5 pattes avec des pinces sur deux d’entre-elles, des yeux globuleux. D’ailleurs les miens ont dû se transformer à cet instant car les deux frères écarquillèrent les leurs.

 

-            Je… Je deviens un monstre, bafouillai-je.

-            Quoi ? Non, pas du tout.

-            Mais pourquoi vous avez fait cette tête ?

-            Nous avons lu la peur dans tes yeux, m’expliqua Michel.

-            Et tu ne te sens pas différent ?

-            Non, enfin je ne crois pas, je suis un peu fatigué, mais c’est tout.

 

J’avais envie de me lever et de partir, de fuir ces deux personnes, mais la fatigue ne s’était pas dissipée et mes muscles refusaient de faire le moindre effort. J’étais devenu le prisonnier de mon propre corps.

Je pense que je me suis endormi, alors même qu’ils me parlaient, les bras de Morphée s’étaient étendus vers moi, je les ai saisi pour qu’ils m’enserrent, me protègent, me permettent de fuir à ma façon.

 

Le soir même, j’ai eu cette sensation étrange et pénétrante que je naissais pour la première fois dans ce monde. Tout me paraissait nouveau, inconnu. La pièce, où je me trouvais, m’était inconnue, je ne savais plus où j’étais. Mon corps se mit à trembler de manière incontrôlable, involontaire. Je n’avais pas froid, la peur, cela m’apparait maintenant comme la meilleure réponse possible.

 

Puis alors que mes yeux se posaient ça et là, détaillant le lieu, les objets, une bande de mémoire se repositionna correctement dans ma tête. Mon histoire me revint, j’étais chez les Mendez. Mais je sais que cela peut paraître ridicule.

 

J’avais beau tendre l’oreille, aucun son n’indiquant la présence des deux frères dans l’appartement ne venait à moi. J’étais seul. Je me redressai et me rendis compte que j’étais  sur un lit. Je n’avais pourtant pas souvenir de m’y être allongé. Michel, non plutôt Sovan, m’y avait sans doute placé.

Je visitai l’appartement à pas feutrés, histoire de confirmer une non présence ‘humaine’, la voie était donc libre.

 

Je récupérai mon sac à dos et pari, je claquai la porte d’entrée et me mis à cavaler dans la cage d’escalier.

Une fois à l’extérieur, j’inspirai avec bonheur cet air frais, vivifiant. Je l’inspirai et l’expirai comme s’il s’agissait de la première fois qu’il entrait en moi, l’air de ce monde.

 

Je descendis le petit parc qui enserrait ce quartier de HLM, misérable reconstitution de la Nature, la vraie, par l’Homme.

Je pris une grande artère que je quittai rapidement pour gagner un bois qui me fera rejoindre mon foyer au plus vite.

 

Plus j’avançai dans la forêt, plus toute cette verdure me donnait envie de vomir. Cette mort qui me cernait, je me sentais mal.

Je n’avais qu’une envie, m’arrêter, faire marche arrière. Mais derrière moi signifiait implicitement les frères Mendez. Alors, je continuai d’avancer enfermant ma vision à la verdure.

 

Lorsque je suis arrivé devant chez moi, quelque chose au fond de moi s’est mis à hurler, me signalant que quelque chose clochait, mais je ne savais pas encore quoi. J’ai appuyé sur la poignée, mais celle-ci resta bloquée, la porte était fermée a clé. Je les cherchai dans mon sac, elles n’y étaient pas, je les avais oubliées. J’entendis la télé qui était allumée, il y avait donc quelqu’un. J’ai frappé à la porte.

 

-            Tu restes dehors, me dit mon père, à travers la porte close.

-            Quoi ? Mais pourquoi ?

-            Trois jours que tu ne donnes pas de signe de vie. Ta mère s’est fait un sang d’encre.

-            Mais je suis majeur et vacciné, je peux découcher tout de même.

-            T’as beau avoir 18 ans, tu vis encore sous notre toit, et par conséquent tu dois suivre nos règles. T’as un portable non ? Un appel ça ne coûte rien et tu aurais pu aujourd’hui entrer.

-            … Je ne trouvai rien à redire, ça logique était implacable.

-            Tu ne rentreras que lorsque nous l’aurons décidé !

 

Mon père monta le volume de la télévision. Je décidai de m’en aller. Je ne savais pas vraiment où aller, mais ce qui était certain c’est que dans mon village, je n’aurai nulle part où me réfugier. A La Machine, j’aurai sans doute plus de chance. Mais dans ce cas, je me rapprocherai des Mendez, je devrai faire attention.

 

La nuit commençait à tomber, une voiture se fit entendre, je me suis retourné, ce n’était pas quelqu’un que je connaissais, je fis pourtant le signe pour faire du stop. Par chance, le conducteur fit s’arrêter son véhicule. Enfin quelqu’un d’aimable, c’est rare en ce moment.

 

Je suis monté à bord en disant que je me rendais dans la ville minière. Il sourit à ces paroles. Et il crut comprendre que j’étais seul et désœuvré, alors quand il me déposa dans le ‘centre ville’, face à l’église, il me donna un billet de dix euros. Je le remerciai, mais ne l’acceptai pas, je n’en avais pas besoin. Une fois qu’il fut parti, j’ai décidé de m’éloigner au plus vite des extraterrestres. On a beau être dans la même ville, ce n’était pas une raison pour leur faciliter la tâche.

 

Je me suis dirigé vers la Boule Blanche, remontant différentes rues exiguës. Passant parfois par de véritables coupe-gorges.

Un vent glacial se leva et me fit frissonner, la pluie se mit à tomber, non pas en petites gouttes légères, non, mais en véritables trombes, un véritable déluge.

La grêle suivit, des grêlons de la taille de balles de golf, brillants sous des éclairs de plus en plus menaçants. Ce n’était vraiment pas mon jour. Je me suis caché pour me protéger de cette tempête, sous les escaliers en béton de la salle des fêtes.

 

Les rues se transformèrent bientôt, en rivières tumultueuses, blanches, impraticables. Obligé de rester sous mon abri de fortune.

Malheureusement mon infortune empira lorsqu’un voiture de police passa au ralenti sur la ‘route rivière’. Je n’eu pas le temps de me cacher, le conducteur m‘avait repéré. Il se gara et me lança : Â« Monsieur je vous ramène chez vous, visiblement ça n’a pas l’air d’vouloir s’arrêter. Je vous ramène chez vous. Â»

-            Non, c’est bon, je vais attendre un peu.

Je ne pensais pas que les flics pouvaient se montrer aussi persévérants dans ce sentiment. Il insistait.

-            Non, non je n’ai pas le droit de rentrer chez moi, j’ai fauté, je suis puni, je reste ici. Je subi ma peine.

-            Eh bien je vous emmène au poste, au moins vous serez mieux abriter.

-            Non vous dis-je, ici c’est bien aussi, répondis-je prestement, trop prestement sans doute ce qui éveilla ses soupçons.

Il m’obligea à monter à bord du véhicule et il m’emmena au commissariat. Le trajet me fit flipper, aussi bien parce que le véhicule était pris dans les tumultes de l’eau que par le fait qu’au poste il y aurait sans doute Sovan... Mais ce n’était pas le seul sentiment qui je ressentais à ce moment. En effet je fulminais contre moi et mon manque certain de vigilance, j’enrageai.

J’aurai pu fuir à tout moment, en sautant de la voiture, car avec l’état des routes l’on avançait que très lentement.

 

Une quinzaine de minutes plus tard, je me retrouvai assis sur une chaise dans un bureau du commissariat, une vieille couverture grise sur le dos pour me réchauffer. Face à moi le policier qui m’avait récupéré. Il tenter d’appeler chez moi, il avait repris le numéro qui se trouvait dans mon dossier datant de l’accident. Je lui avais pourtant dit que ce n’était pas la peine d’essayer de joindre mes parents, car avec l’orage ils avaient sans aucun doute débranchés. Mais il insista. Au bout d’un moment il abandonna enfin.

 

-            Alors, que faisiez-vous ici ?

-            On peut dire que vous avez l’art de poser les questions ?

-            Ne soyez pas insolent je vous prie…

-            Je suis juste réaliste, mais j’étais où j’étais pour me protéger de ce déluge, de cet orage et pour ne pas mourir d’une mort ‘con’, un grêlon planté dans le crâne.

-            Vous m’avez dit que vous aviez été mis à la porte de chez vos parents, pourquoi ? La drogue ?

-            Ah oui, c’est vrai que j’ai la tête d’un drogué, des fois je l’oublie.

-            Ne fais pas le mariole…

-            Non, mais sans rire, vous trouvez que j’ai une tête de drogué, parce que je n’y ai jamais touché de ma vie, même pas un p’tit joint alors qu’a ce que je sais ça fait du bien. Non mais sérieusement, mes parents ne m’ont pas vu pendant trois jours, sans que je ne les prévienne en amont ou pendant. C’est tout. Voyez rien d’extravagant.

-            Je reviens, et tu bouges pas ! lança t-il menaçant.

Le flic impoli sortit et je suis resté là, à regarder les murs gris et terriblement sinistres. Une dizaine de minutes plus tard, je sentis un regard posé sur moi. Je me suis retourné et j’ai découvert, Sovan, un sourire aux lèvres.

 

-            Mon collègue parlait d’un jeune homme, mi-insolent mi-poli, je voulais savoir de qui il s’agissait, des fois qu’il s’agisse d’un de tes alter-ego. Et je ne m’étais pas trompé.

-            Je me suis fait attraper par ton collègue alors que je m’étais mis à l’abri.

-            Pourquoi es-tu parti de l’appartement ?

-            Parce que… parce que je me fuyais moi-même je pense, à cause de ce qu’il s’est passé ; enfin de ce qu’il ne s’est pas passé…

-            Tu aurais pu rester ! Ou, au moins nous prévenir, tu n’es pas en prison chez nous, tu dois le savoir.

-            Je voulais rentrer chez moi.

 

Tandis que je parlais, Sovan prit place de l’autre côté du bureau, face à moi, et lu d’un œil distrait le papier, qu’avait fait son collègue. Il fit quelques grimaces en parcourant le document.

-            Tu t’es fait mettre à la porte de chez toi, à cause de la drogue ?

-            Hein ? m’insurgeais-je. Il a marqué ça ?

-            Euh oui.

-            Mais il est débile ou quoi ? Mes parents m’ont foutu dehors à cause de vous, parce que je ne suis pas rentré à la maison et que je ne l’ai pas prévenu. Comme je lui ai dit j’n’ai jamais touché à la drogue de ma vie. Je peux faire une prise de sang s’il faut pour le prouver.

-            NON ! Enfin je veux dire, je en doute pas de ton innocence.

-            Pourquoi est-ce que je ne pourrai pas me droguer ? Ou est-ce qu’il y a quelque chose que j’ignore…

Je ne savais pas vraiment pourquoi, a moins que ce soit la rapidité avec laquelle il a répondu qui m’a mit la puce à l’oreille. Il eut un trémolo dans sa voix qui m’a frappé. Je l’ai de suite associé à un élément dont je n’étais pas au courant et si je faisais ce test, cela révèlerai quelque chose.

 

-            Non, ne t’inquiète.

-            Alors je vais faire ce test, comme ça plus de problème.

-            Ne fais pas ça pour me le prouver, je te crois.

-            Sovan tu me caches quelque chose, j’en suis persuadé. Alors dis-moi ce que c’est, sinon je prends le risque de faire révéler qui vous êtes…

-            Je n’ai aimé le chantage, sache le, mais je ne veux pendre aucun risque. Alors je te dirais quelque chose, mais pas ici.

-            J’avais raison, tu l’avais dis que j’étais perspicace. Mais on est au commissariat, et le flic me garde…

-            Je te rappelle, au cas où tu l’aurais oublié, je suis moi aussi officier de police, je me charge de tout. Toi, reste tranquille, pas de polémique, s’il te plaît. Je peux compter sur toi ?

-            Oui, mais juste pour toi et que tu vas m’apprendre quelque chose.

 

 
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