Voila c'est la fin, enfin...^^ Après de multiple essais pour écrire cette partie finale (9 au total), je vous livre la suite de cette histoire... En espérant que vous apprécierez mes choix.
Bonne journée à tous.
Fred
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La peur m’étreignait, je regardais le ciel tout en marchant, décomptant les minutes qui me rapprochait de ma famille mais également du passage à l’acte de l’œil blafard. Cette unique bulle dans ce ciel Coca-Cola, bulle piquante, avec du mordant. Le vent se leva, un vent froid, un vent annonciateur de plaie, de tragédie, il devenait de plus en plus mordant… je resserrai mes bras autour de mon torse, je sentais le contact du carnet, que je ne lâchais plus, il était d’une température normale, je me faisais des idées, cette brise n’amenait pas le danger… et je me rendis compte que je perdais complètement la tête… Comment un carnet pourrait m’avertir d’un quelconque danger ? Depuis le début je me faisais des idées, il faudrait être complètement abruti pour pouvoir y croire… abruti, fou… je devais l’être à mon avis, car je trouvais un réconfort en lui, il était un abri, d’ailleurs au fond de moi je l’avais nommé My Shelter.
J’arrivais chez moi et retrouvai avec bonheur Mika, sain et sauf également. « Désolé, je voulais venir te rejoindre, mais j’étais tel un gamin qui a peur du Boogeyman » me dit-il penaud.
Vingt minutes plus tard, nous étions sur la route pour se rendre chez mes parents, l’envie de revoir mes frères et de présenter mon meilleur ami était là, toutefois l’angoisse également. La nuit commençait à régner, les ombres étaient seulement dues aux lampadaires et au balai incessant des feux de voitures. La tension descendait pas à pas au fur et à mesure que l’on s’éloignait de Moulins City. En effet, nous avions conclu que les vampires étaient plus intéressés par la ville que par la rase-campagne… encore que Moulins pour une ville, bof, ils avaient dû se planter un sacré coup, un dommage collatéral comme disent les militaires américains…
La joie renaissait, l’on échangea un regard complice et l’on se mit un petit morceau de Dionysos, Aïe, à laquelle on fit succéder un ciel en sauce qui fit exploser nos voix, tels des pop-corn qui éclatent…
Nous blaguions, c’était si bon de pouvoir se laisser aller à rire, même si je restais sur mes gardes, car un autre danger nous guettait sur cette route. Un danger moins effrayant que les vampires, j’irai même jusqu’à dire beau, néanmoins tout aussi imprévisible, qui pouvait jaillir de derrière n’importe quel arbre ou bosquet, et ce danger, c’était les chevreuils. Car pour atteindre Mercy, il fallait traverser des forêts. Quoiqu’il en soit nous arrivâmes sans encombre et avec sérénité. Mika fut surpris par quelques changements apportés à l’extérieur de la bâtisse. Je fis teinter la cloche et nous entrâmes sans attendre de réponse. Surpris que je n’arrive pas seul, ma famille en oublia sa politesse. « J’vous présente Mickaël, dit Mika, mon meilleur ami, qui nous reviens des States… Il m’a fait la surprise. Mika, voici mes parents, Cyrille et Claire avec mon futur neveu, et Cédric et Laetitia. »
Nous commençâmes à discuter autour d’un apéro de retrouvailles, il ne fallut pas longtemps pour que la discussion tourne autour des USA. J’avais oublié de prévenir mon pote qu’à l’inverse de moi, les Etats-Unis, ne les attiraient pas, au contraire, ils étaient synonymes de critiques. Toutefois Mika resta d’un calme Olympien, il avait connu tellement d’épreuves et subit de plus vives critiques que celles-ci au sein même de sa famille, qu’il considérait dorénavant comme morte.
Puis, alors que nous commencions à manger, Cédric nous demanda si nous nous étions battus, car nous portions quelques marques légèrement violacées sur les bras. Nous fîmes non de la tête, peu être un peu trop vite, et un regard gêné nous trahit sans doute, car une moue dubitative se dessina sur les faciès de ma famille. Cependant ils ne s’étendirent pas sur le sujet.
Une sonnerie s’échappa de mon portable, un message d’Angeline m’informait qu’elle était dehors, en centre ville et, qu’il y avait du monde, cependant pas de chose étrange. Je montrai le texto à Mika, il était lui aussi perplexe face à cette info… Où pouvaient-ils être ? Ils ne pouvaient pas avoir quitté Moulins en une journée, impossible…
Nous en frissonnâmes, la cristallisation de la joie que nous avions connue, s’évaporait. On dit que la peur nous refroidit, mais sur les sentiments, elle agit différemment, à l’inverse même. La peur les échauffe pour les faire disparaître, une évaporation… Mika regarda ma veste, ou plus exactement la poche ou était contenu le carnet. Je sortis de table pour le prendre, son contact était froid, ou plutôt tiède, enfin à la température de la pièce et, il avait sa couleur chair. « Tant que j’y pense, je voulais vous montrer le cadeau que Mika m’a fait, il l’a trouvé chez un antiquaire… » Il me fallait bien une excuse pour le sortir si soudainement. Tandis que je le déposais sur le comptoir de la cuisine, nous reprîmes les discussions. Les plats s’enchainaient, ma mère s’en était donné à cœur-joie, elle aimait nous faire plaisir en cuisine et ça se sentait. Mon père nous resservait de son côté en vin, c’était son truc ça.
Le ‘plus-soif’ se faisait sentir, mais ce nectar des Dieux, était si bon, si divin nous faisait passablement oublier nos tracas, que le liquide rubicond refaisait surface dans nos verres. La chaleur enivrante passait de mon palais à mes joues. Je devais garder le contrôle de ma tête et je suis allé prendre l’air. La nuit était fraîche, cela faisait du bien, j’entendais paitre les vaches dans le pré. Je regardais le ciel, au bout de quelques minutes, deux étoiles filantes étaient passées dans mon champ de vision. J’appelais tout le monde, des fois que cela se reproduise.
Nous étions regroupés sur le perron et les cailloux lumineux se montraient de temps à autres, cependant plus qu’à l’accoutumée.
Claire, fatiguée, rentra dans la maison, pour s’asseoir.
- Tiens, Fred c’est bizarre, ton carnet…me lança t-elle.
- Quoi ? demandais-je les yeux toujours rivés sur la nappe de d’hydrocarbure accolée à la voûte céleste.
- C’est peut-être dû à la combinaison de la fatigue et de la lumière, mais on dirait que sa couverture a changé de couleur. C’est comme si on l’avait peint avec du ketchup, enfin ça serait plus approchant d’une couleur sang.
- Merde, m’écriai-je.
- En une fraction de seconde, quitta mes veines, s’évapora, mes esprits se clarifièrent, l’angoisse reparue soudain.
- Tout le monde à l’intérieur, vite, cria Mika que la panique venait de gagner également. Et pas de question, GO GO GO.
- Mais pourquoi ? Demanda Laetitia.
Déjà j’entendais des sifflements perçants venants des prés, une vache beugla de douleur, j’en eu mal pour elle.
Je tentais vainement de pousser mon père à l’intérieur, mais son incompréhension de la situation le poussait à rester là où il était. « Le carnet » quémandais-je. Cédric cru que c’était une blague, s’esclaffa, l’alcool peut-être, encore que.
Ma mère tira mon père dans la maison, manquant de tomber à cause du tapis de l’entrée. Au moment ou Cyrille allait entrer à son tour, un ombre me frôla et atterrie au-dessus de la porte…
Ils étaient là, le carnet les avait senti venir, l’un d’eux nous empêchait d’entrer. « Fermez la porte » cria Mika à ma mère « vite ». Nous étions encore quatre à l’extérieur, le danger pouvait venir de n’importe où, nous étions encerclés, je le sentais, je l’entendais, des feulements venaient de partout…
Cyrille recula avec effroi lorsque la créature voulu le saisir, avec un bras d’une blancheur cadavérique, « qu’est-ce que c’est ? » murmura t-il, des vampires répondis-je, « on ne blague pas, les marques sur nos bras sont de leur faits », ajouta Mika. Ce qui me surprit, c’est que mes frères ne se moquèrent pas de moi, pour cette réponse, au contraire, ils me crurent sur parole.
Nous prîmes la fuite, « Il nous faut des trucs pour se défendre » détermina Cyrille. Les Bambous ce n’était pas ce qu’il y’avait de plus solide mais rien d’autre n’était accessible, la remise était fermée à clés. Cédric nous lança un bâton chacun.
Il fallait s’organiser, pour le moment ces satanées créatures étaient plutôt calme comme si elles attendaient quelque chose, un signal, ou quelqu’un pour nous attaquer.
Combien de vampires pouvait-il y avoir autour de nous ? Impossible à savoir, l’astre nocturne était voilé par des nuages qui atténuaient son éclat.
Il fallait que nous accédions à la maison, mais un des leurs bloquait la porte d’entrée, tel un vigil. Quatre vampires nous encadraient en fardant cependant une légère distance. Que pouvaient-ils bien préparer ? Je pense que nous en étions tous venu à la même conclusion, puisqu’aucun de nous n’oser parler… les vampires comprendraient-ils ce que nous pourrions dire ? Certainement que oui, car ils étaient humains à la base.
Brusquement, l’un d’eux tenta sa chance, se projetant en avant avec une micro flexions des jambes ; c’est comme si l’air qu’il y avait sous leurs pieds, les séparant du sol, était tout aussi solide ; il se dirigeait sur Cyrille. Ce dernier, d’un geste réflexe, releva son ‘arme’. L’assaillant s’écrasa sur mon frère, qui tomba sous la puissance du choc, se perfora l’épaule avec le bambou qui se brisa en deux également. Etrangement le ‘monstre’ ne perdait pas de sang, mais il ressentait la douleur, un cri plus animal qu’humain jaillit de sa gorge. Cédric aida mon autre frère à se relever, il n’était pas blesser, juste sonné. Mika lui reprenait un bâton pour Cyrille.
Cinq nouvelles créatures venaient de faire leur apparition. Il fallait agir, je devais récupérer ce carnet, j’étais persuadé qu’il pourrait nous sauver la vie une nouvelle fois.
« Il faut avancer » lançais-je sans donner plus d’explication. Toutefois nos ennemis n’étaient pas forcément de cet avis… En effet, ils commençaient à pousser des grognements tels des animaux. Des humains rendus à l’état sauvage par une malédiction. J’éprouvais une certaine forme de compassion pour eux, ils n’avaient pas choisi à devenir ainsi.
Les grands pas étaient une mauvaise idée, des petits pas glissés devaient être tentés, ce que l’on fit, mais les créatures n’étaient pas bêtes et elles captèrent nos mouvements, même infimes.
Alors que nous ne voyions plus aucune solution, la lumière du salon s’éteignit subitement. Puis une bougie s’alluma, une feuille fut placée devant, par transparence une flèche dirigée vers le haut apparue. Nous levâmes bien évidement la tête vers le toit. Une main dépassait d’un velux qui avait été ouvert de manière silencieuse, puis le carnet apparu. Nous rebaissâmes les yeux tout aussi vite, il ne fallait pas qu’ils remarquent notre petit manège. L’on échangea un regard, on devait y aller. Je fis tourner mon bâton autour de moi tout en avançant, imité par les autres. Nous nous rapprochions des vampires, c’était sans doute que folie de croire que le carnet nous sauverait. Mais ce fol espoir me donnait la force d’avancer et de me battre pour ceux que j’aimais.
Cyrille et Cédric, d’un commun accord, se placèrent devant et redoublèrent d’efforts pour faire tournoyer encore plus vite leur arme et gagner du terrain. Si nous n’étions pas en danger, je me serais bien assis là, pour les contempler.
Les ‘Dents-aiguisées’ se jetèrent sur eux, mais se prirent des coups qui les repoussa légèrement, ce qui ne les empêcha pas de réitérer leurs tentatives. Toutefois nous tînmes bon, nous n’étions plus qu’à deux mètres du mur, quand trois vampires se ruèrent sur Cédric. Débordé, ce dernier ne savait plus où donner de la tête, son arme s’immobilisa. Elle avait été saisie par ses extrémités. Mais mon frère ne se laissa pas démonter, il prit appui sur le bâton et comme s’il était sur un cheval d’arçon, il balança ses jambes de droite à gauche pour heurter nos ennemis. Mika alla à son secours, « Récupère-le, c’est notre seule porte de sortie » me lança ce dernier.
« Maintenant » hurlais-je à pleins poumons, tous les regards se tournèrent vers moi, ce qui me fit froid dans le dos, Cédric en profita pour s’échapper. J’entendis quelque chose glisser sur les tuiles, lentement. J’étais juste en-dessous de l’emplacement du velux. Je le vis apparaître, un angle tout d’abord, il était rougeoyant. Je tendis le bras, dans l’attente de le recevoir. Mais l’attente ne fut pas longue et le contact différent de celui auquel je m’attendais. En effet, c’était froid, métallique, ma main en faisait le tour… étrange. Comme au ralenti mon regard descendit du toit vers mes doigts. Il suivait des espèces de mailles sans lien aucun entre chacune, et dans ma main une poignée.
Je mis du temps à comprendre, à reconnaître, mon travail d’imagination. Je ne tenais pas le carnet, mais la poignée de la dague de Soryor, mon personnage guerrier, un des Roi. J’en reconnu la pierre magique au centre du pommeau de la lame.
Puis comme si le Temps reprenait son cours normal, les sons qui avaient jusque là été déformés par la lenteur, arrivèrent de nouveau. La lame se rétracta, chacune des mailles qui la composait se ré-imbriquèrent et, à son extrémité le carnet si précieux. Il était enfin là dans ma paume, rougeoyant, mais un détail attira mon attention, un immense œil bleu en occupait le centre. Je lâchai un instant mon bambou, pour prendre le carnet. Je ne savais pas comment me servir de l’épée, pourtant je l’avais décrit maint et maint fois, mais entre l’écrire et le faire, la différence était énorme. Je tentai pourtant ma chance, comme s’il s’agissait d’un fouet, je donnai une impulsion de mon bras, les mailles bleutées se décrochèrent et telle une vague, elles ondulèrent pour frapper en un éclair le vampire le plus proche de mon frère. Quand la lame repris sa forme normale, l’arme mesurait presque 2 mètres, mais comme je l’avais décrite, elle était d’une légèreté à toute épreuve.
Tous les vampires se tournèrent vers moi, il y en avait à prés.ent une quinzaine, et d’autres approchaient. La lune qui s’était débarrassée de sa robe de nuage illuminait la campagne, et se reflétaient sur les créatures qui s’approchaient à grande vitesse. Les grognements redoublèrent de puissance. Ils zappèrent tous les autres et se concentrèrent sur moi, j’étais la menaces directe. Ils repoussèrent mes frères et Mika, comme s’il ne s’agissait que de fétus de paille. A croire qu’ils ne se donnaient pas à fond précédemment alors que nous nous approchions du mur.
La panique me gagnait, je n’étais pas sûr de pouvoir les affronter tous, même équipé de Thorélias, l’épée de mon personnage. La gemme magique de cette dernière rougeoya, comme si elle avait conscience que bientôt elle trancherait du vampire. Je resserrais ma prise sur la garde, je tremblais, j’avais les mains moites.
Mon bras mû par une volonté autre que la mienne, fit virevolter l’arme. Les maillons se déplacèrent, un décalage de 90° entre chacun, le tout formait une espèce d’épine dorsale au quatre côtés tranchants. Mon bras partit sur la droite en un à-coup bref et puissant, la lame se déploya à une vitesse ahurissante, prenant soin d’éviter dans son trajet ma famille, mais également les vampires, je tentais de la faire dévier, mais sans résultat, je ne la maîtrisais pas. C’est alors que j’ai compris, je voyais tout au ralenti, ce qui me permit d’étudier… Les circonvolutions de la lame évitaient soigneusement les vampires, mais cependant les encadraient et pourraient les déchiqueter en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. En fait la lame se dirigeait vers le vigil. Ce dernier avait sans doute reçu l’ordre de ne pas abandonner son poste, car il était resté de marbre jusqu'à ce qu’il se fasse transpercer. Lorsque le métal quitta la créature, le corps de cette dernière se décomposa.
« Rentrons, rentrons, la voie est libre » exulta Mika. Ils avancèrent et atteignirent rapidement la porte d’entrée, je voulu les rejoindre mais mes jambes refusaient d’avancer. J’avais l’impression que mes pieds pesaient des tonnes, et qu’en plus de ça ils étaient englués dans le sol. Les vampires me fixaient toujours, les canines à l’air, leur donnant l’air de porter un sourire sadique, ce qui pouvait être le cas. Cyrille me faisait signe de venir, je fis non de la tête, la détresse se lisait sur mon visage. Les trois regardaient à droite à gauche, cherchant une solution, mais il n’y en avait pas… « Rentrez » leur criais-je, ce que firent mes frères, ils voulaient s’assurer que leur ‘femme’ allaient bien. Mika lui ne pouvaient se résoudre à rentrer à l’abri, la seule personne qu’il connaissait ici, c’était moi.
Les mailles de mon arme s’évaporèrent et se retrouvèrent dans ma main, l’épée était redevenue dague. Pas maintenant, j’ai besoin de toi, me surpris-je à lui murmurer, je devenais fou.
Deux vampires m’attaquèrent par derrière, leurs griffes acérées, lacérèrent mes bras, le sang courait sur ma peau, je tentais vainement de me protéger, tout en essayant de réactiver mon arme, tout aussi inutilement. Je voyais mon heure approcher, des larmes affleuraient aux commissures de mes yeux. Non, non, je veux vivre…s’il vous plait, psalmodiais-je à l’attention de qui, je ne saurai le dire… J’entendis Mika hurler mon prénom, sa voix me parut venir de très loin, je sentais poindre la tristesse, la détresse aussi. J’essayer de me débattre mais rien n’y faisait, ils étaient trop puissant. J’allais mourir là, dans la cour de mes parents. Tout le monde hurler dans la maison, mais que pouvaient-ils faire ???
Mon corps était tellement meurtri par tous les coups que l’on me portait, que je ne sentais plus les nouveaux, une chance dans mon malheur, dans mon décès. Mon regard se porta sur le carnet. Mon sang coula sur lui, l’œil cligna une fois, puis une deuxième. L’iris bleuté vira brusquement de couleur. Ce dernier devint rouge. Une chaleur incommensurable s’en dégagea, une chaleur digne des Enfers, tout du moins comme je l’imaginais… l’imaginer, c’était peut-être ça la solution.
Dans une dernière tentative, je mobilisai toute mes forces pour me relever malgré les 2 créatures qui pesaient sur moi. Tout en me redressant j’ai hurlé aussi fort que je le pus un seul mot, un prénom, son prénom… JINNNNNNNNNNNNNNNN
Là, tel un miracle qu’aucune époque n’eut connue, un souffle chaud, irradiant mon corps, le ressourçant, se dégagea du carnet. Mes deux assaillants éclatèrent. J’étais libre… enfin peut être pas, mes jambes refusaient de me porter. Il ne me restait plus que mes yeux pour agir. Un être, un homme à la musculature impressionnante, me tournait le dos. Sa peau aux tons halés, était recouverte de poils légèrement grisés. Une queue rouge prolongeait sa colonne vertébrale, et deux grandes ailes enflammées partaient du haut de son dos.
Sa tête pivota légèrement dans ma direction, je voyais uniquement son profil… « Je suis là pour te protéger, tant que tu crois en moi, rien ne t’arrivera » me dit-il d’une voix apaisante. Son regard sur moi était bien veillant, mais dès qu’il le dirigeait vers les vampires, il faisait froid dans le dos tellement il était empreint de haine.
Les vampires s’étaient arrêtés brusquement quand deux des leurs furent tués. Ils se regroupaient petit à petit, ils encerclaient le terrain de mes parents, juste celui-ci, pourquoi ? Ils y en avaient au moins une centaine. Jin, le fils de Satan, fit craquer son cou, il faisait toujours ça avant de combattre. Il fit sortir ses cornes et sa mâchoire s’élargit, il venait de prendre sa forme Crino-Hadésienne-Ombrilique. Des marbrures noires apparurent sur tout son corps. « Rentre Mika » criai-je, ce dernier s’exécuta.
J’étais toujours collé au sol, impossible de faire le moindre pas. Même si Jin était là, je ne pouvais m’empêcher d’angoisser sentir les ennemis tout proche et ne pouvant m’enfouir, augmentait le stress.
Mon personnage s’éclipsa dans un nuage noir, dans le même temps, le carnet s’échauffa et les vampires se ruèrent vers moi. Où était-il ? Six créatures se jetèrent littéralement sur moi, je me roulai en boule, lorsqu’ils furent à moins de dix centimètres de moi, ils explosèrent sous l’impact de microbilles de feu venant du dessus. En relevant légèrement la tête, je vis une myriade de morceaux de vampires se consumant.
Soudain, je reçus un choc au niveau du front, j’eu le temps de voir qu’il s’agissait d’un caillou qui m’avait heurté, avant qu’un voile rouge envahisse mes yeux… « Jin… ». Noir.
- Fred… Fred, réveilles toi…
Les voix semblaient venir de si loin qu’elles en étaient floues.
- Jin ? Demandai-je…
- Il vient de partir, une fois qu’il se fut débarrassé des vampires… m’apprit Mika.
- Non, non… j’avais du mal à parler. Je n’ai pas eu le temps de lui parler.
- Qu’aurait-il pu te dire ? C’est toi qui l’as créé…
Ils m’aidèrent à me relever, j’étais content que tout le monde aille bien. Moi j’avais mal partout. En passant devant le miroir de l’entrée je vis que mes vêtements étaient quasi déchiquetés, maculés de sang séché. Mais mon corps ne portait plus aucune trace. Même la balafre que ces monstres m’avaient infligé à Moulins avait été totalement effacée. Remarquant mon essai de contorsionniste, ma mère me dit que ‘Jin’ m’avait soigné avant de regagner le carnet.
Le carnet, il était là, dans ma poche. Je l’ouvris, et découvris, dans une écriture hésitante couleur sang ‘détruis-le. Te protéger ou te tuer…il attirera toujours le danger et un jour, rien ne pourra faire face à ce qui viendra. Jin’.
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Quelques jours plus tard, la vie repris son cours normal et, monsieur Tatillon, le client qui m’avait fait m’interroger par son absence, venait de rentrer dans la librairie… Il était en vie. Il toussotait, il avait été malade…
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En 1997, Philippe Delerm avait
sorti son livre La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, voila la première évocation que m'a donné cette BD...